Chaque 25 mars, le cimetière de Rasos de Vilnius devient le point de ralliement des exilés biélorusses pour le « Jour de la Liberté ». En honorant leurs héros historiques face à l’Empire russe, ces opposants réaffirment leur rejet de l’autoritarisme de Moscou.
Le cimetière de Rasos est l’un des plus importants sur le plan culturel de Vilnius. Fondé en 1801, avec des origines remontant à 1769, il recueille les dépouilles d’importantes figures des résistances lituanienne, polonaise et biélorusse face à l’emprise russe. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Ici reposent vingt résistants biélorusses ayant participé à « L’insurrection de janvier » (ou insurrection polonaise) de 1863 contre l’Empire russe. Ils ont été fusillés à Vilnius et leurs restes ont été découverts lors de fouilles archéologiques dans une fosse commune anonyme en 2017, puis enterrés solennellement dans ce cimetière en 2019. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Pour ces exilés biélorusses, le 25 mars est une date emblématique : chaque année, ils célèbrent le Jour de la Liberté — la proclamation en 1918 de la République populaire biélorusse, symbole d’une Biélorussie indépendante, libre et tournée vers l’Europe. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Partout où cela est possible, en Biélorussie comme en exil, les Biélorusses se rassemblent pour rappeler qu’ils veulent vivre dans un pays libre, démocratique et digne, et non dans l’ombre d’un empire autoritaire. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Au matin de ce 25 mars 2026, une messe célébrée par un prêtre catholique est organisée pour honorer la mémoire des vingt insurgés biélorusses enterrés en ce lieu. Ils sont considérés comme des héros nationaux et un symbole de résistance et de liberté. Crédit photo : Anaïs Chesnel. L’œillet blanc est un symbole fort de la résistance pacifique en Biélorussie, particulièrement lors des manifestations pro-démocratie de 2020 (souvent appelées la « Révolution des fleurs »). Crédit photo : Anaïs Chesnel. Les personnes rassemblées chantent « Mahutny Boža » (Dieu Tout-Puissant), l’hymne spirituel de la résistance biélorusse. Il incarne une vision de la Biélorussie indépendante, chrétienne et européenne. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Certains brandissent le drapeau lituanien, mais la majorité de ces exilés biélorusses arborent un drapeau blanc-rouge-blanc. Apparu en mars 1918 après la proclamation de la République populaire biélorusse, il apparaît régulièrement lors des manifestations contre le régime du président biélorusse Alexandre Loukachenko, considéré comme pro-russe. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Après la cérémonie, des rubans sont noués autour des tombes des résistants biélorusses. La plus symbolique d’entre elles est celle de Kastous Kalinowski (1838-1864), reconnu héros national de Biélorussie, Lituanie et Pologne en tant que leader de « L’insurrection de janvier » pour l’indépendance de la Pologne qui dura de janvier 1863 à juin 1864. Crédit photo : Anaïs Chesnel. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, ce rassemblement prend une dimension particulière. Face aux ambitions russes, les destins de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Lituanie convergent. Leurs luttes pour la souveraineté et la démocratie forment aujourd’hui un front commun vers un avenir européen. Crédit photo : Anaïs Chesnel.