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Jurgita Šukevičienė, députée lituanienne : « Je souhaite continuer à renforcer la place du français dans notre système éducatif » 

Jurgita Šukevičienė est députée du parti social-démocrate depuis 2024 au Seimas, le parlement lituanien, où elle préside le groupe interparlementaire d’amitié avec la France. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, cette professeure de français de formation observe un recul du russe dans les écoles lituaniennes, dont le français tente de tirer parti. 

Comment avez-vous appris le français ?

J’ai commencé à apprendre le français dès l’école primaire. Dans ma ville natale, Alytus, l’enseignement de cette langue est particulièrement développé. Le français m’accompagne donc depuis l’âge de 6 ans, et encore à ce jour. À l’école, mes enseignants m’ont transmis non seulement des connaissances, mais aussi une véritable passion pour la langue et la culture françaises. C’est ce qui m’a conduite à poursuivre des études de langue et de littérature françaises à l’université Vytautas Magnus, où j’ai obtenu mon diplôme de licence. Par la suite, j’ai travaillé comme professeur de français à l’école principale Dzūkija d’Alytus puis comme traductrice dans le privé. 

Qu’est-ce qui vous a poussée vers cette langue plutôt qu’une autre ?

J’ai toujours été sensible à la richesse et à la musicalité de cette langue, ainsi qu’à son rôle historique dans la diplomatie. Aujourd’hui, je suis fière d’être francophone. Cet attachement se reflète dans mon engagement politique, en tant que présidente du groupe interparlementaire d’amitié avec la France au Seimas, vice-présidente du groupe avec le Canada, et comme membre de l’Assemblée parlementaire de la francophonie. 

Depuis l’invasion de l’Ukraine, le russe perd du terrain dans les écoles lituaniennes. La langue française s’impose-t-elle comme une alternative ?

De nombreuses écoles ont réduit ou abandonné le russe comme deuxième langue étrangère et ont introduit le français, l’allemand ou l’espagnol. Le français en profite donc, mais dans une certaine mesure. Dans de nombreux cas, ce sont plutôt l’allemand ou l’espagnol qui remplacent le russe, le français n’étant pas systématiquement le premier choix. Dans les établissements où existait déjà une tradition francophone, on observe une augmentation modérée du nombre d’élèves choisissant cette langue [ndlr : entre 2020 et 2026, le français a été choisi comme première langue étrangère par 2047 élèves, contre 5859 pour l’allemand]. Mais nous faisons des efforts pour promouvoir le français !

Lesquels ?

Je maintiens un contact constant avec la communauté francophone en Lituanie en participant à des projections de films, des manifestations culturelles et diverses rencontres liées à la francophonie. C’est d’ailleurs dans cet esprit que, pour la première fois à ma connaissance, la journée internationale de la francophonie a été célébrée au Seimas le 20 mars. Elle met à l’honneur une langue partagée, l’une des plus parlées au monde, ainsi qu’une communauté de valeurs qui rapproche nos sociétés. La francophonie revêt une importance particulière pour la Lituanie. Je prends également la parole en français lors des sessions de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg, contribuant ainsi à la visibilité de la langue dans un contexte international.

Comment se traduit la coopération franco-lituanienne ?

Depuis 1999, nos deux pays entretiennent des échanges réguliers sur des sujets aussi variés que la sécurité, la défense mais aussi l’éducation ou la promotion du français. Sur le terrain, je travaille étroitement avec l’ambassadrice de France en Lituanie, Lucie Stepanyan, et je m’implique dans les événements organisés par l’Assemblée parlementaire de la francophonie. Des échanges réguliers ont lieu entre les institutions lituaniennes et françaises, favorisant une compréhension mutuelle et une coopération étroite au sein des organisations internationales. Dans le domaine éducatif, des partenariats entre universités et établissements scolaires et des programmes d’échanges soutiennent l’apprentissage du français. Cette coopération s’inscrit plus largement dans une promotion du multilinguisme à l’échelle nationale comme européenne.

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